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Ca-Cr…/Glossaire Marie-candidien (en cours d’élaboration)

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  • Camp de redressement : espace clos, planté de miradors et de baraquements sans goût, dans lequel notre partenaire européen le plus dynamique a enfermé les mauvais coucheurs, au temps de l’empire qui devait durer mille ans. Si l’on en croit les témoignages, le lieu ne ressemblait pas du tout à Europapark, hormis peut-être du point de vue de l’efficacité, apanage germanique majeur. Le grand-père de Marie-Candide y aurait effectué un séjour des plus vivifiants, pour lui apprendre la vertu du mot obéissance. Le senior alsacien basique se montre souvent chatouilleux sur sa parenté supposée avec le voisin allemand, et ferme rapidement les écoutilles, quand un quelconque Français de l’intérieur le taquine sur ses faits et gestes au cours de la période comprise entre la blitzkrieg et le très saugrenu droit de vote des femmes. C’est évidemment la marque d’un esprit obtus, puisque tout le monde sait que l’Alsacien aime la musique militaire et les uniformes (voir pompier).

 

 

  • Carpes frites : plat national du Sud-Alsace, dont les qualités nutritives n’ont d’égal que l’effet soporifique. La spécialité se compose d’un tombereau de pommes de terre frites, vraisemblablement dans la graisse de canard, accompagné de darnes de carpes enrobées de semoule fine, frites aussi, évidemment. À noter que l’épithète « fine » accolée au substantif « semoule » exacerbe l’aspect diététique de la recette. L’ensemble se sert, dans les restaurants jalonnant la route du même nom, à volonté : répondre « non merci » à la fraîche employée qui vient s’enquérir de votre désir de remettre ça, malgré l’imminence d’infarctus du myocarde, équivaudrait à déclencher en elle une incompréhension proche de la rupture identitaire et une réaction en chaîne absolument incontrôlable chez vos voisins de table. On vous lorgnerait avec une agressivité à peine contenue, on pousserait des soupirs exaspérés, on échangerait des paroles lourdes de sens pour qui maîtrise le dialecte, et même pour vous qui n’y entravez bernique, d’autant que l’injure proférée à votre encontre pour finir, fût-ce avec l’accent alsacien, serait parfaitement audible, puisqu’elle fuse invariablement de toutes les bouches, de préférence mâles, sous tous les cieux, pour épingler ceux dont l’appétit modeste se double à coup sûr d’une virilité défaillante. Vous voilà prévenus. 20150406_163445_resized

 

 

  • Cattcatt : véhicule utilitaire doté, comme le nom l’indique, de quatre roues motrices. Le cattcatt est le mode de transport privilégié des travailleurs frontaliers sundgauviens, et plus fréquemment de leurs épouses, pour se rendre chez U ou « au coiffeur », comme on dit en Alsace. En effet, l’épouse de frontalier classique se trouve rassurée par la présence du pare-buffle chromé ornant l’avant de son véhicule, en cas de rencontre inopinée avec des hardes furieuses de mammouths laineux ou, pire et plus fréquente, celle de peuplades hostiles traînant leur inactivité menaçante dans les espaces commerciaux périphériques où les frontaliers, comme n’importe quels consommateurs paisibles, s’en vont mensuellement acquérir des objets pour rationaliser leur quotidien, ou des denrées à stocker dans les congélateurs américains, lors des opérations « maxi volume, mini prix ». Cette année, comme les précédentes, le cattcatt se porte rutilant, dans les tons noir ébène à noir de jais, de préférence de dimensions similaires à celles des moissonneuses-batteuses géantes qui nous feront chier bien assez tôt sur les routes vicinales, et délicatement agrémenté à l’arrière d’une roue de secours cyclopéenne vantant les qualités d’un quelconque club de foot. Fort heureusement pour les autres usagers de la voirie, handicapés par la taille phénoménale de ces équipages, l’enthousiasme déployé par le voisin suisse à licencier les pouilleux frontaliers tend à rendre moins fréquent l’étalage automobile de leur opulence. On ajoutera qu’un autre type de cattcatt peut se croiser sur les routes, notamment à la saison des coupes de bois. Son aspect est nettement plus dégueulasse, à force de traîner dans les ornières, et son occupant aussi, d’autant qu’il n’a pas sa bonne femme sur le dos pour lui dire de se recoiffer. Ordinairement, le cattcatt se ranche dans la cranche.

 

  • Channetarc : personnage historique féminin plébiscité par les adeptes du rouge et du blanc, tant et si bien que, pour lui épargner le déshonneur que n’auraient pas manqué de lui infliger les hordes ennemies de l’autre rive du Rhin, les habitants d’un certain village d’Alsace du Sud ont plongé sa statue au fond de la rivière, jusqu’au départ des belliqueux voisins. La statue se porte bien malgré son séjour prolongé dans la vase. Elle est juste un peu lourde à mouvoir pour le défilé.

 

  • Chapagouaille : épithète en sursis à l’extrême sud de l’Alsace du sud, dans quelques localités de la région connue sous l’appellation «Sundgau» (voir Sundgau). Cette insulte, car c’en est une, semble confectionnée sur le principe des « mots-valises » dont Marie-Candide use et abuse avec ses petits élèves quand elle n’a rien préparé pour son cours du lendemain, à cause d’une ingestion massive de carpes frites. Le vocable considéré pourrait trouver son origine dans la combinaison de « chapardeur » et de « gouaille », qui ne sont pas sans évoquer certain peuple dont la réputation hardie n’est plus à faire sous nos contrées ouvertes au brassage des cultures. Il est hasardeux de chercher une définition précise de ce terme sympathique dans le dictionnaire, et vous voici par conséquent en train de lire quelque chose d’entièrement nouveau, sinon brevetable, chanceux que vous êtes. Pour s’en être vu taxer à de multiples occasions, et ne rechignant pas à une saine et fréquente autocritique, Marie-Candide suggère que chapagouaille a pour synonymes les non moins jubilatoires romanichel, manouche, bohémien, romano, sinon le plus exotique bien que décalé chaoui, évoquant lui aussi, au rude et sédentaire paysan sundgauvien, le nomade insouciant vêtu d’étoffes dépareillées, aimant à jouer du pipeau sous les fruitiers vandalisés par ses soins, tandis que l’indigène harassé tente en vain d’extraire de la glaise ses lourds sabots de travailleur, pour défendre son bien injustement spolié. Afin d’éclairer le lecteur, on proposera la phrase d’exemple suivante :

    LE GARDIEN : -Eh, toi, le chapagouaille ! Magne ton cul avec ces rochers ! Tu crois que c’est Europapark, ici ?

    LE GRAND-PÈRE DE MARIE-CANDIDE:-…………………………………………………………….

    NB : l’exemple n’est pas pertinent, et l’auteur s’en excuse. En effet, il est plus probable que la phrase proférée l’ait été dans une langue aux consonances moins latines, et qu’au lieu du pimpant « chapagouaille », le locuteur ait préféré un plus viril « Zigeuner ». N’importe : l’emploi du mode impératif aura certainement fait son office, contraignant l’oisif à accélérer la cadence.

 

  • Cranche : variante locale du terme défini plus bas par un ouvrage institutionnel. L’auteur du présent glossaire tient à y faire figurer cette graphie alternative, pour l’avoir rencontrée à plusieurs reprises dans les copies des élèves que l’Éducation Nationale lui confie quotidiennement, avec une légèreté sur laquelle on glissera, pour ne pas alarmer les lecteurs ayant des gosses d’âge scolaire.

 

nom féminin (latin populaire *granica, du latin classique granum, grain) 1) Bâtiment d’une exploitation agricole, où sont entreposées les récoltes de paille, de foin, etc. 2) Au Moyen Âge, exploitation rurale dépendant d’une abbaye ou d’un prieuré. (définition Larousse)

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2 Commentaires

  1. mariecandide

    16 avril 2015 à 18 h 30 min

    La vache! J’espère qu’ils ne sont pas du village.

    Répondre

  2. G.Policand

    16 avril 2015 à 12 h 01 min

    très intéressant! je transmets pour contrôle à mes amis alsaciens.

    Répondre

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